WillyDeville... " Beaucoup de gens croient que tout commence avec le Rock'N'Roll. J'ai envie de leur dire : hé, avant ça il y a eu la Nouvelle-Orléans ! " ...

 

 

... Elle a changé ma vie après mes tumulteuses années new-yorkaises. J'y ai vécu plus de dix ans, je m'y suis marié. J'habitais dans le Vieux Carré à deux rues de Bourbon Street. Il y a un mélange de cultures française et espagnole, une saveur latine qu'on ne retrouve nulle part ailleurs aux États-Unis.  Son patrimoine culturel et humain est immense. Le vaudou s'y pratique toujours. Les gens y sont facilement abordables et plutôt barges. " ...WillyDV

... "Au début des années 90, j'ai enregistré là-bas le disque " Victory Mixture ". je suis toujours très fier de l'avoir fait. L'idée était de rendre hommage à toutes ces superbes chansons produites à la Nouvelle-Orléans durant les années 50, 60, 70...à des personnes comme Champion Jack Dupree, Eddie Bo, Ernie K Doe, Earl King. Des chanteurs qui auraient mérité un grand succès, mais qui n'étaient alors connues qu'en Louisiane. J'en ai choisi qui convenaient à ma voix et nous sommes allés enregistrer au mythique Sea Saint Studio avec notamment Dr John,Allen Toussaint, la section rythmique des Meters. On a fait ça à la vieille manière, sans overdub, ni tripatouillage électronique. Et ensuite ont a prolongé la fête direction l'Europe !

Parti avec le spectacle "New Orleans Revue", qui comprenait Dr John, Johnny Adams, Eddie Bo, Zachary Richard, Feddy Koella et les Wild Magnolias...

DeVilleWVictory

... " A la Nouvelle-Orléans, quelles que soient les circonstances -enterrement, inondation, ouragan - l'orchestre continue de jouer. D'abord lentement quelque chose de triste qui insensiblement et progressivement se transforme en air joyeux et fais danser. Voilà ce que j'ai voulu dire dans le morceau " The Band Played On ". Malgré Katrina, la ville se relèvera, mais comme beaucoup de choses dans ce monde, il faudra de l'argent pour redevenir ce qu'elle était jadis. Et pour l'instant, elle n'en a pas récupéré beaucoup. C 'est écoeurant. " ...

Capharnaum

  Dans la vague new-yorkaise en 1977 apparait une formation "MINK DEVILLE", qui en fait n'est que l'extension d'un auteur compositeur guitariste et chanteur Willy Mink_DevilleDeville. Celui-ci est natif de New-york. il grandit dans le Lower Manhattan et son ambiance très latine. La musique afro-cubaine berce son enfance. En plus de cette influence majeure, il y intègre celle du New-York intellectuel blanc, socle de son ambivalence. C'est un pachucco qui dans son langage désigne un personnage latin un peu particulier, un sud américain entre le rocker et le dandy, tout Willy Deville ! Il aimera aussi Paris (symbole du romantisme et de la culture pour lui), tout au long de sa carrière, il ne cessera de clamer son admiration pour Piaf, Montand. Il ne cessera de voyager avec comme seuls ports d'attache New-York, Paris et la Nouvelle-Orléans...

Une énorme personnalité, un énorme talent, en signant des reprises incroyables; "Hey Joe" très mariachis, "Lipstick Traces" de manière fidèle et émouvante, "Stand by Me" avec une version équivalente à l'original de Ben E King et une versionwillydeVillemchaude de l'instrumental "Harlem Nocturne" crée par le Johnny Otis. Aucunes de ces apogées artistiques, ne le projettera vers la gloire américaine espérée, en le ramenant sans cesse à son rôle de Pardaillan maudit.

A l'âge de 56 ans il s'éteind après une longue carrière alternant le succès et les échecs relatifs. Il a toujours été fortement influencé par le blues et dans sa vie ont peut aussi comprendre son destin. Son fantôme lui erre toujours et hante certaines nuits les trottoirs de Paris, le coeur de Manhattan et les club de la Nouvelle-Orleans...

Deville_live