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" Je crois qu'il est très important de commenter son propre art, sa propre musique, même si tout n'est pas explicable.Cet exercice permet de mieux cerner sa démarche créatrice. C'est une sorte de thérapie. A chaque interwiew, nous avançons d'une certaine manière dans la conscience que nous avons de notre travail. C'est important pour nous d'être conscients, éveillés et concentrés. En plus, penser est pour nous une activité amusante. je suis frappé par le fait que de nombreux artistes surtout des musiciens laissent à des personnes extérieures (médias, producteurs, maisons de disques...)le soin d'écrire leur propre histoire, de composer le contenu même de leur création. Ils ne veulent pas prendre leur propre responsabilité ! "

St_werner_MouMarsMouse on Mars est le fruit du duo Jan St Werner et Andi Toma depuis 1994. Signé à l'origine sur le label indépendant britannique Too Pure, aux côtés de Laïka, Moonshake, Pram et Stereolab, les deux allemands se détachent rapidement des références primaires du krautrock et de la musique électronique sous influence Kraftwerk/Cluster très présentent sur leur premier E.P., Frosh, pour évoluer vers une synthèse de pop et d'IDM (l'intelligent dance music, qui deviendra plus tard l'electronica).

Dés Bib, leur second EP et ce qui deviendra rapidement Vulvaland, le premier album sur Too Pure, le duo trouve ses repères dans un mélange enthousiasmant de dub, de comptines pop et d'électronique tourbillonnante qui sera leur marque de fabrique jusqu'à Autoditacker, troisième et dernier album de St Werner et Thomas sur le label anglais. Porté à son paroxysme sur leur chef d'œuvre, Iaora Tahiti et le EP Twich, la glitch pop électronique de Mouse On Mars séduit tout autant les amateurs de krautrock et de post-rock que les connaisseurs de ce qui allait devenir l'electronica. (le "glitch" formait à cette époque une branche à part de la techno et désignait comme la scène "bleep" et plus tard "click", une musique dansante mais chaotique ne répondant pas aux canons house ou techno, NDA)

Le groupe fait un malheur au Japon, pays où le bizarre est roi. Le duo signe d'ailleurs Glam, en 1998, sur un label de l'archipel, Tokuma. Album très rare destiné à illustrer un film du même nom; Glam a été réédité depuis sur le propre label de Mouse On Mars. Parallèlement, Pierre Schaeffer, Luc Ferrari, Bernard Parmegiani) et allemande (Karlheinz Stockhausen), de la pop lettré de Brian Wilson (leader de The Beach Boys), du jazz, du hip hop ou du R'nB. Radical Connectors transformera radicalement (c'est le cas de le dire) leur approche de la musique et surtout de la scène. En 2005, le duo sort Live04, un album live comme son nom l'indique, où les deux musiciens sont accompagnés d'un véritable groupe. Mouse On Mars sonne alors à la fois plus rock, plus jazz et plus chaotique que jamais, tout en gardant la touche si particulière de leur composition.

Entre 2004 et 2007, Mouse on Mars formalise son attirance pour le rock en signant une collaboration avec le "chanteur" du mythique groupe post-punk The Fall, c'est le E.P. Wipe That Sound. Ils signent également un nouvel album qui les voient taxé de metal manga (une expression inspiré par St Werner lui-même). Varcharz sonne plus vite, plus fort et plus bruyant que jamais. Pourtant Mouse on Mars n'abandonne pas l'électronique et derrière cet opus savamment déconstruit se cachent de nombreuses heures de travail et de recherches autour du processus de saturation des logiciels de compositions. Saturations sonores, saturation de l'information, saturation du contrôle, Mouse on Mars, redevenu un duo n'a pas fini de nous étonner...l'aventure continue...

Mouse_on_Mars

Nous essayons de trouver de nouvelles impulsions à chacun de nos disques. Pour nous, il s'agit de découvrir différentes façons de s'exprimer à travers le son et de découvrir une direction originale au cours de cette recherche. Comme nous n'avons pas vraiment d'autres moyens d'expression que la musique, c'est le son lui-même qui devient notre discours.