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Cette image résume à elle-seule l'univers pathologique des rock stars : guitares démontées, disques cassés, billets de banque, télévision implosée, alcool, marijuana, tout un monde dans lequel perdu, hagard, défoncé le héros de " THE WALL " (Bob Geldof) se traîne...

Inspiré, détournant à sa manière, et de la meilleure des façons tous les clichés, Alan Parker à son apogée créative, associe explosion et maitrise. Il offre un rendu exceptionnel de l'album des Pink Floyd sans en négliger sa violence.

Le film sort en 1982.

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L'animation et l'illustration du film est confiée à Gerald Scarfe

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La folie semble constituer l'un des fils conducteurs de l'histoire des "Floyd" : après le drame personnel vécu par Syd Barrett, c'est à Roger Waters de sombrer dans une sorte de démence mégalomaniaque qui mal assumée, se transforme en haine du succés.img_floyd_wall

Obsédé par l'incapacité des stars a communiquer réèllement avec leur public, traumatisé par un geste de colère qu'il eut une fois sur scène à l'encontre d'un jeune fan, Waters s'enferme dans un double mouvement de refus, il se met à considérer PINK FLOYD comme sa création, sa proprièté, et se veut l'unique dépositaire du testament philosophique et esthétique de Barrett. Devenu mégalomane, il empêche Wright de jouer, interdit à Gilmour de composer. Isolé par ses exigences, Waters nourrit en réaction un formidable sentiment de cupabilité à l'égard du public, qu'il se voit contraint de mépriser car aucune star ne semble capable de briser la barrière qui sépare l'artiste (torturé, malheureux, habité par le doute) du spectateur (béat d'admiration devant une création artificielle et déshumanisée par la médiatisation.

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De ce double problème relationnel (mégalomanie et crise de modestie) naît le dernier vrai grand album du groupe : " THE WALL ".

L'emprise absolue de Waters sur le groupe, les musiciens n'enregistrent plus ensemble, mais séparément. Seul Gilmour, confirme sa grande connaissance du studio, collabore encore vraiment avec le leader en souffrance, comme guitariste, compositeur ("Young Lust"), ("Confortably Numb", "Run like Hell"), co-producteur et claviers pour l'essentiel des morceaux. La production globale est réalisée en compagnie de Bob Ezrin.

Le sujet est la plongée dans le traumatisme d'un jeune orphelin de l'après guerre devenu une rock star schizophrénique et paranoiaque...

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L'obsession de Waters est en effet si pesante, à la fois dans le disque et dans le film, qu'il n'est personne qui ne puisse ressentir le caractère extrême,  du fil conducteur, déjà présent dans la pensée de Barrett dès les années soixante : la socièté est une infamie, l'école une machine a broyer les esprits.

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" We don't need no education...Hey, teacher ! Leave the kids alone "

" Nous n'avons pas besoin d'éducation...Hé, professeur ! Laisse ces gosses tranquilles "

Ce morceau est chanté par un choeur d'enfants dans le titre le plus célèbre du disque et du film. Quand à l'armée, elle reste une cible privilégiée de Waters, qui dénonce aussi les problème environnementaux, bien avant tout le monde.

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Roger Waters souhaitait que " THE WALL" soit son oeuvre définitive, le réumé final qui fasse jaillir à la lumière du jour toutes ses guerres intestines. La complexité technique est poussée à un tel extrême, qu'elle écrase littéralement les nuances dont beaucoup de thèmes auraient pu bénéficier. L'auditeur, soudain rapetissé, n'a pas d'autres possibilités que celle de se traîner par le tourbillon surhumain de sensations -presque toutes négatives- dont Waters nous fait cadeau. Un cauchemar devenu disque, qui mérite louanges inconditionnelles et féroces critiques à la sortie de l'album conceptuel.

Ce disque est tout simplement impressionnant au sens large du terme, il parait en plein hiver, en novembre 1979 exactement.

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