Le delta entre Blues et Folk !
Huddie William Ledbetter, vient au monde probablement le 20 janvier 1889 au sein d’une famille typique du milieu rural du Sud. Il né près de Mooringsport dans une plantation de Louisiane. Quand il est âgé de cinq ans, ses parents partent vivre au Texas De manière précoce, il assimile toutes les musiques qu'il y entend : spirituals, chansons de travail, berceuses, ballades, airs de danse, chansons de cow-boys, traditionnel cajun... Il y reçoit son premier instrument en cadeau de la part de son oncle; un accordéon accadien.
Il suit la voie des siens en travaillant comme ouvrier agricole en récoltant du coton, mais en parallèle il amorce l’apprentissage de la guitare.
Et c’est déjà grâce à sa réputation de musicien, de danseur et d'animateur infatigable que très jeune il va réussir à changer le cours de son existence et s’émanciper totalement de sa condition. Vers 1905, son parcours musical démarre dans des maisons de rendez-vous
associé au légendaire Blind Lemon Jefferson.
Dés lors beaucoup de choses vont être écrites sur lui, difficile de savoir ce qui relève de la légende ou de la réalité lorsque l'on aborde l’histoire de LEADBELLY. Quoi qu'il en soit, le personnage est fascinant et son aventure rocambolesque !
Il possède une voix de stentor (d’où son surnom LEADBELLY qui veut dire « ventre de plomb »), au rude vibrato et à l’accent (du Sud) prononcé. Son nom de scène qui va comme un gant à ce gaillard de deux mètres. Adepte de la guitare à 12 cordes, avec laquelle il a exploré toutes ses possibilités, son jeu est puissant, bien qu'un peu frustre, très instinctif.
C’est un conteur exceptionnel et savoureux. Il résume pratiquement à lui seul un demi-siècle de l’histoire du sud des Etats-Unis.
Une véritable mémoire musicale vivante. On dénombre pas moins de quatre cents titres à son actif ! Il faut surtout retenir qu’il a été un précurseur, l’une des plus grandes figures du folk américain ! Son répertoire considérable allait du Blues et classiques de la chanson rurale louisianaise, jusqu’aux ballades blanches traditionnelles. Mais son style était original, à lui seul, il incarnait l’âme de la musique populaire afro-américaine. Grâce à sa forte présence sur scène, son charisme ainsi que son habilité de susciter à chaque instant le drame et le sens d’une
chanson. En effet, ils connaissait la véritable puissance de la musique traditionnelle (américaine) : comment elle pouvait émouvoir un public, dramatiser l’injustice, dénoncer l’intolérance et favoriser l’évolution sociale. Sa conception personnelle était que ce genre de musique ne s’écoutait pas à la légère, mais avec une réelle profondeur. C’était une musique qui comptait. Il transformait la mélodie en expérience dramatique.
Mais Ledebtter n’est pas qu’un musicien compositeur chanteur hors norme il est connu aussi pour son tempérament bagarreur, il n'hésite pas à se faire justice lui-même, avec ses poings.
En 1918, il tue un homme (un rival) au cours d'une rixe, ce qui lui vaut une condamnation à vingt ans de prison qui le conduit dans un pénitencier toujours au Texas. Il n'effectuera "que" sept ans de sa peine. Il obtient sa grâce du gouverneur de Louisiane, après, dit la légende, l'avoir séduit en lui dédiant un blues de sa composition... En fait, il doit sa libération à sa bonne conduite. Celle-ci est effective en 1925.
Il retourne néanmoins derrière les barreaux pour une tentative de meurtre. Par chance, en 1933, les musicologues John et Alan Lomax, venus dans le sud pour enregistrer et sauver des chants traditionnels pour le compte de la Bibliothèque du Congrès, croisent sa route, alors qu'ils visitent le pénitencier d'Angola, en Louisiane. Avec l'appui des deux hommes, il obtient de nouveau la grâce du gouverneur.
En 1934, il part pour New York, sert d'homme à tout faire aux Lomax (chauffeur notamment).
En 1935, il épouse Martha Promise ....
Il commence à enregistrer avec l'American Record Corporation.
De nouveau impliqué dans une bagarre, retour à la case prison, il est incarcéré en 1939. À sa libération en 1940, LEADBELLY retrouve la scène montante du folk de New York et se lie avec Woody Guthrie et le jeune Pete Seeger. Ils gravent ensemble pour l’éternité ses chroniques chantées de la vie des Noirs, puis des pauvres Blancs. Il est engagé en 1941 sur la recommandation du cinéaste Nicholas Ray, pour se produire sur la scène du célèbre club new-yorkais de Greenwich Village. Il joue devant un public blanc fortuné et influence durablement la jeune scène folk en pleine gestation.
C’est lui qui va incarner la transition du Village Vanguard qui va devenir par la suite le lieu mythique dédié presque uniquement au Jazz.













