In search of the lost riddim

... "Je pense que le Reggae a toujours tendu une main vers l'Afrique sans pour autant la toucher. Comme si désespérément il y avait cette volonté que c'est de là que l'on vient, là où on devrait être et là où il faut retourner. Ma musique est l'espace idéal pour être un pont entre le Reggae et cette musique mère qui est la musique traditionnelle ernest1africaine. La spiritualité de Luciano et les valeurs qu'il défend m'a beaucoup touché. Quand à Ernest Ranglin, je crois qu'il a trouvé l'essence de son rêve. Je crois que lui, en tant que jamaïquain a enfin réussi a toucher l'Afrique ! " ...

... " Avec Ernest Ranglin, il n'y a pas eu Afrique sessionsde longues explications. On commençait une mélodie et aussitôt il rentrait avec sa guitare. Lui et son groupe ont tout de suite senti sur quelle gamme, sur quel rythme, nous jouions. L'enregistrement a été très rapide. " ...

... " La musique traditionnelle africaine est compatible avec toutes les musiques du monde. On joue toujours de la même façon le Tama, les percussions ou la Kora et cela se sent.Je crois que le disque "In search of the lost riddim", montre bien cet état d'esprit à la fois africain et un peu fou fou. " ...

Baaba Maal

baaba maal y ernest ranglin

Baaba est d'une humble extraction mais il a appris a voyagé et il parle et chante maintenant au sujet de la délégation de pouvoirs, de l'instruction et de la paix. il est né à Podor, ville de 6000 habitants sur les berges du fleuve Sénégal qui sépare le pays du même Baaba-2nom de la Mauritanie. La famille de Baaba est Hal Pulaar, connue dans le monde anglophone sous le nom de Fulani. Il ne vient pas d'une famille de griots (la caste héréditaire des artistes et des conteurs). son père travaillait dans les champs mais il avait aussi l'honneur et la mission d'utiliser des chants pour appeler les fidèles à la mosquée. La mère de Baaba était musicienne et a composé et chanté ses propres chansons en  enseignant à son fils les formes musicales de la région et en l'encourageant à apprécier des paroles intelligentes et profondes.

Parallélement, Baaba écoutait aussi de la musique noire venue d'Amérique, des artistes comme James Brown, Otis Redding, Wilson Pickett, Etta James...Il apprit plus tard à connaître des musiciens jamaïquains comme Toots Hibbert, Bob Marley et Jimmy Cliff que Baaba rencontra par la suite lors d'une tournée au Sénégal vers le milieu des années 70, ainsi qu'un guitariste accompagnant le chanteur jamaïquain, un certain Ernest Ranglin.10_06_15_baaba_maal_562

Baaba est allé à l'école à st Louis, la capitale coloniale française d'origine, puis à Dakar, capitale moderne du Sénégal. Il y rencontra Asly Fouta, un groupe de 70 musiciens et passa son temps avec cette formation pour apprendre le plus possible sur les instruments de musique locaux et comment y jouer.Il va voyager en Afrique occidentale avec son ami de longue date, le guitariste et griot Mansour Seck, afin d'approffondir ses connaissances.

..." Faire cela est une tradition pour les jeunes musiciens. Chaque fois que vous arrivez dans un village, vous donnez un concert. Ceci vous permet de vous lier d'amitié avec tous les jeunes du village. Le lendemain, ils vous emmènent rendre visite à la personne la plus âgée qui connaît l'histoire du village, de la région ainsi que celle de la musique."...

25ans_home

Baaba a ensuite vécu plusieurs années à Paris où il a étudié au Conservatoire des Beaux-arts, les sens toujours en éveil. De retour au Sénégal, il forme son orchestre Daande Lenol (Voix du peuple). C'est un homme dont la mission va bien au-delà de la musique. Il rend souvent hommage à sa mère tant aimée pour lui avoir donné une perception plus large et plus sympathique du monde que beaucoup de contemporains. Baaba Maal est un citoyen du tiers monde et il s'y est fait sa place. Il souhaite parler et chanter l'Afrique avec autorité.

BaabaMaal2_1421489c