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D'innombrables chroniques,critiques, récits et histoires ont été écrites sur et autour de ce disque. Certains prétendent qu'il s'agit là de magie, d'autres laissent planer un mystère, quand certains s'en tiennent à des chiffres de vente mais ne donne aucune explications pour tenter d'éclairer sur le phénomène de convergence vers cet album public. La curiosité pour cette galette ne s'est jamais éteinte, on parle d'objet inter-générationnel, indéboulonnable, suivant les calculs c'est le disque de jazz le plus vendu ou l'un de ceux...

Keith_Jarrett-The_Koln_Concert-FrontalAlors à mon tour, je vais apporter ma pierre à l'édifice, m'attaquant seulement à ce monument, car il est de coutume d'agrémenter la pochette détournée d'un texte de présentation, pour certains ce ne fut pas facile (d'ailleurs j'ai parfois renoncé lâchement), pour d'autres c'était facile de délimiter les choses, là dès le préambule, je prends conscience des problématiques liées à cet exercice. Preuve complémentaire, qui vient appuyer que ce genre de chronique intimide face à cette référence , qui tient en la performance de Keith Jarrett, au lieu, au son, à la date, à sa pochette... ???



Keith-Jarrett_1774_15Savez-vous que ce musicien est avant tout hors-norme ? Il est doué à un point inégalé selon mes connaissances et ce bien sûr dans la limite du monde musical contemporain. Soulignons que nous sommes avant tout en présence d'un multi-instrumentiste (ce n'est pas qu'un pianiste),saxophoniste, percussionniste, organiste, claveciniste, guitariste... et aussi compositeur avec toutes ses bases. Il est né à Allentown en Pennsylvanie le 8 mai 1945, a trois ans, premières leçons de piano. Puis l'apprentissage du vibraphone, et  de la batterie, il donne son premier concert à l'age de sept ans et ne cessera plus jamais de se produire. A dix sept ans, il donne un récital de ses propres oeuvres. Après avoir refusé une bourse d'études chez Nadia Boulanger à Paris, il en obtient une (qu'il accepte) à Boston pour la Berklee School of Music. Dans cette ville il monte un trio. En 1965, pour ses vingt ans, il part pour New-York, enregistre très vite pour diverses formations, il travaille avec Roland Kirk, Tony Scott, devient l'un des Jazz Messengers d'Art Blakey et participe en 1966 à l'album "Buttercorn Lady". Dans la foulée et toujours la même année, il entre dans la formation de Charles Llyod où joue aussi Jack DeJohnette, et devient l'une des stars du piano. Llyod n'hésitant pas à lui réserver au moins un thème en solo absolu dans chaque concert.

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Il fait le tour de notre planète, son style, entre "gospel-jazz" et "avant garde", lui vaut une renommée mondiale ! Jouant avec Charlie Haden, Paul Motian, réalise ses premiersDavis Jarrett enregistrements en tant que leader en 1968. En 1970, il rejoint Miles Davis chez qui il va jouer du piano électrique. De nombreuses collaborations se succèdent avec Gary Burton, Dewey Redman, Freddie Hubbard. En 1972, un tournant puisqu'il publie son premier disque pour ECM...il enchaîne concerts, tournées à un rythme démentiel. Il va évoluer vers l'épreuve solo, apprend en simultané le saxophone soprano et la flûte qu'il utilisera jusqu'au début des années 80.

Il va se produire en solo dans une veine plus "classique", en 1974 après des collaborations avec Gus Nemeth, Aldo Romano...va naître une association avec Jan Garbarek qui débouchera sur un quartet européen, a noter qu'il déjà monter et joue déjà dans un quartet américain.

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1975 : Certains techniciens puristes qualifient "le Köln Concert" au niveau musical de modale et statique. D'autres objectent que ce concert n'est pas en réalité le meilleur enregistrement solo du pianiste. Mais tout le monde s'accorde sur l'importance de celui-ci dans la carrière du musicien qui a fait beaucoup pour sa célébrité, le rendant légendaire quoiqu'il arrive dans l'avenir.Soulignons son importance mythique du à la performance de Jarrett qui se livre a un véritable délire pianistique et tiens le public en haleine pendant plus d'une heure. Cet enregistrement mémorable restera dans l'histoire du Jazz  et dans la musique tout court comme un grand moment, un de ces instants hallucinés où un artiste arrive a subjuguer par son magnétisme tous les publics. Le piano est ample, réverbéré. Le son manque de précision car le halo sonore est important malgré cela les timbres sont riches. Ce disque fleuve est plein de raffinements et de sensualité dans la lignée de toute son oeuvre pour le label allemand ECM. Le double album vinyle original est condensé sur un seul CD, la durée en quatre parties est de 1h06mn06s.jarret2


keith_richards1Keith Richards est né le 18 décembre 1943 à Dartford dans le Kent en Angleterre. Confronté à la musique très jeune grâce à un grand-père saxophoniste et violoniste. Dès quinze ans, il étudie à l'école d'Art Sidcup. Deux ans plus tard, il rencontre un vague ami d'enfance Michael Jagger dans un bus de banlieue, très vite se trouve des points communs et forme ensemble les Rolling Stones...Il est la pierre angulaire de cette formation naissante, guitariste, choriste, compositeur...mais il se distingue des autres membres par sa manière de vivre, il est autonome, se caractérise par une attitude punk, exotique, changeante. A l'image de son évolution de musicien : il  a fait revivre le riff Rock'N'Roll de Chuck Berry (12mesures); re-découvert, retravaillé et peaufiné des phrases classiques du Rock avec un doigté et une intensité incomparables qui sont avec Jagger la marque fondamentale du style des Rolling Stones. D'ailleurs s'il n'en a jamais été la figure principale, mais en fait il en est le véritable chef d'orchestre. Au travers du groupe, il a réellement transcendé des styles variés, du Country à la ballade, du Rock'N'Roll pur au Reggae, du Blues à la musique ethnique jusqu'au Disco...Spécialiste de l'accord "open tuning" depuis Beggar's Banquet, il possède une collection de guitares impressionnante.Keith Richards LA 2010 2 Il a collaboré a différents projets artistiques, et après bien des hésitations, ce n'est qu'en 1988 ou il se lance dans une carrière solo au moment où l'échappée de Mick Jagger qui l'indispose tourne mal. Son "Talk Is Cheap" ne cherche pas le succès à tout prix, mais rappelle sans frime aucune, l'univers musical d'un rocker amateur de riffs lourds. en compagnie de Steve Jordan, Ivan Neville, de (l'ex Rolling Stones) Mick Taylor, de Bootsy Collins à la basse, de Macéo Parker au saxo, Keith se fait plaisir comme en témoigne sa tournée américaine qui suit ce disque. Après cette démonstration honnête malgré une voix limitée, le gardien de la flamme accepte à la demande de Jagger de retrouver les Rolling Stones en 1989.