En 1971, un homme se met à nu...


Sympathique folkeux-bluesy porté sur l'acoustique et les ambiances laid-back, Chris Smither est à ranger dans la catégorie des songwriters avachis tels qu'on en rencontre des quantités, passé minuit, dans les bars à bière d'Austin, Texas, depuis que ce cossard de Jerry Jeff Walker, chef de file reconnu du mouvement (et influence manifeste du paisible Chris) a choisi de s'installer dans la région.

Comme Walker, Smither est d'ailleurs originaire de la côte Est, puisque natif de Miami, Floride (le 11 novembre 1944), bien qu'il ait grandi à La Nouvelle-Orléans et même fréquenté un temps l'université des Amériques située à Mexico, afin d'y préparer un diplôme d'anthropologue. Seulement à la même époque, la découverte inattendue d'un enregistrement de Mississipi John Hurt allait contrecarrer sa vocation scientifique.

Devenu familier des répertoires de Skip James et du révérend Gary Davis, Chris Smither, adoubé par un autre fameux troubadour floridien, Eric von Schmidt, s'est alors constitué un gentil répertoire personnel, qui lui a valu de voir des gens de la qualité d'un T-Stephen Bruton (ancien guitariste de Kris Kristofferson débauché par James McMurtry) s'intéresser à son sort (au point de produire pour lui l'album Up On the Lowdonwn), tandis que Bonnie Raitt, alors au sommet de sa popularité, reprenait son Love Me Like A Man; exercice auquel se sont essayées ensuite Diana Krall et The Dixie Chicks. On l'aura compris, Chris Smither est donc un personnage hautement fréquentable...

Chris Smither est tout simplement un grand monsieur dans tous les sens du terme.

 

Francophone et francophile il a appris le français dans un lycée Parisien lorsque ses parents ont vécu à Paris dans les années ’50.
Sa façon si particulière de jouer la guitare il l’a appris entre les ruelles de la Nouvelle Orleans et les squares de Boston
en écoutant et fréquentant Mississippi John Hurt, Eric von Schmidt et Lightning Hopkins.
Son premier disque qui sombre dans un tiroir quelque part fut enregistré avec Lowell George et Dr John… quel gâchis !
Mais Chris est un survivant et ça s’entend dans sa voix et ses chansons qui sont pleins de mélancolie et une douce résignation. Bonnie Raitt qui a enregistré sa chanson "Love Me Like A Man" (bien avant Diane Krall) l’appel « mon Eric Clapton à moi »…