NEW-YORK

via Porto-Rico

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Vers l'âge de sept ans, Jean-Michel Basquiat est hospitalisé suite à des blessures liées à un accident de la route. Mathilde, sa mère lui offre pour passer le temps un livre d'anatomie intitulé " Gray's Anatomy" . Il baptisera la formation musicale dans laquelle il évoluera : GRAY. Cet ouvrage influencera fortement l'artiste qui s'en inspira plus tard dans la première partie de son œuvre...

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On retrouve un titre de GRAY (Drum Mode) sur cette excellente compilation entièrement dédiée à la  scène musicale souterraine du New-York du début des années 80. Autre curiosité de ces titres exhumé, le groupe de Jim Jarmush : THE DEL/BYZANTEENS avec un morceau "Girl's imagination".  Certains de ces morceaux originaux bénéficient d'un remix, c'est le cas Pour "Drum Mode" de GRAY revisité par Paul Moog.

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Le pendant cinématographique de cette aventure discographique est le film ci-contre qui nous plonge dans l'effervescence artistique, d'énergie sous emprise, de spontanéité créatrice...Jean-Michel Basquiat (joue son propre rôle) avant de devenir une icône planétaire vendait des tee-shirt et des cartes postales (c'est ça qui est triste...).

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Ces années de crise de la décennie 70, Jean-Michel Basquiat les vécut d'abord par un curieux et difficile " retour aux sources " puisque la famille s'installa entre 1972/75 à Porto-Rico. A 15 ans, c'est le retour à Brooklyn, débute alors une période d'errances, de fugues, de consommation de drogues et d'installation dans les squatts.

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Crownscrapper Erwan Denis 2008

" A quinze ans, j'ai quitté la maison, je suis allé à Washington Square Park où j'ai passé huit mois à me défoncer à l'acide...A l'école je faisais des choses typiquement teenagers. Des images psychadéliques sur fond d'étoiles. Je vendais aussi des cartes postales que je dessinais et de sweat-shirts peints à la main. Autrement dit, j'allais à droite et à gauche, j'errais dans les rues, une espèce de survie. "

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samo

Jeune homme révolté et fugueur, en rupture avec les systèmes scolaires et l'autorité parentale(il affirma à de nombreuses reprises l'idée d'un père sévère et d'une mère depressive), Basquiat a construit pendant cette période cet immense désir de succés devant concrétiser sa réhabilitation sociale. Cette marche forcenée vers une reconnaissance indispensable à sa survie, il l'obtient très vite puisque dés 1977, son tag "SAMO" (Same old shit) dont il innonde la ville (le pont de Brookyn, Manhattan, la proximité des galeries d'art), est repéré notamment par Keith Haring qui admire ses formules courtes et sa brillante efficacité littéraire : " Voyager dans le convertible à papa avec les fonds des trust " ou " Samo, l'alternance divine "; ou encore en 1978 lorsque Philip Faflick publia un premier article sur l'activité du " sprayeur " de Basquiat ( SAMO Graffiti; Boosh-Wash or CIA ? ) dans The Village Voice, avant que René Ricard ne révèle dans Art Forum de décembre 81 " The Radiant Child "...

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U.S. Beef Inc.Erwan Denis 2008

PARIS

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Leslie Winer, retour d'héroïne
L'album enregistré dans les années 80 par l'égérie de Burroughs sort fin 1990, le dos de la pochette est signée Basquiat avec qui elle a eu une aventure.

De cette histoire d'amour, elle retient et témoigne lors d'une conférence de presse pour la sortie du son disque, pendant sa liaison avec Jean-Michel Basquiat à Paris, elle défraie la chronique des palaces : « Je ne me souviens pas qu'on ait fait quoi que ce soit de scandaleux, à moins qu'un Noir et une Blanche qui baisent ensemble, ce soit scandaleux. Ils ont détruit Jean-Michel, après lui avoir tout pris. » Winer

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HOMMAGES

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Film de Julian Schnabel (Basquiat, USA, 1996). 105 mn.

Scénario : J. Schnabel. Image : Ron Fortunato.

Musique : John Cale, Tom Waits, Iggy Pop.

Avec Jeffrey Wright : Jean-Michel Basquiat. Michael Wincott : René Ricard. Benicio Del Toro : Benny. David Bowie : Andy Warhol.

Le genre : comète de la peinture.

Elevé dans la banlieue de New York, Jean-Michel Basquiat exprime ses premiers talents dans la rue en graffitant les murs. Remarqué par un galeriste, il commence à exposer en devenant très vite l'enfant terrible de l'avant-garde new-yorkaise et l'ami d'Andy Warhol. basquiat_0Son ascension fulgurante s'achève brutalement par une overdose, en 1988. Basquiat a alors 27 ans. Peintre très en vogue dans les années 80, Julian Schnabel réalisait là son premier film, sur un sujet séduisant mais périlleux. Il évite la plupart des écueils (hagiographie béate, épate glamour et romantique...) en procédant par touches fugitives. Hétéroclite, éclaté, le portrait en creux a néanmoins les défauts de ses qualités : il survole la vie brûlée du peintre sans parvenir à le cerner tout à fait.

basquiat Reste le charisme d'un artiste doué, conscient aussi du simulacre propre aux milieux de l'art. Jeffrey Wright, alors inconnu, très magnétique, donne à son personnage une douceur flottante et mystérieuse qui aide beaucoup à l'attrait de ce film, largement inspiré de Downtown 81, document sauvé des flammes, sorti l'année dernière sur les écrans, avec le vrai Basquiat d'avant la gloire.

Jacques Morice (Télérama, Samedi 06 mai 2006)

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  A noter une bande son exceptionnelle avec : PIL, Them, Pj Harvey, GrandMaster Flash, Joy Division, David Bowie, John Cale, Tom Waits...

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Un livre reprenant des écrits d' Yves Simon, Jérôme Attal, Sylvie Bourgeois, Thomas Bouvatier, Mathias Bresson, Virginie Despentes, Jonathan Lambert, Barbara Israël...

Avec les superbes dessins de Erwan Denis (voir ci-dessus), et la couverture est réalisée par Jc de Caltelbajac...

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